Winter Diaries | Tamy Emma Pepin

Au cours de la dernière année, Tamy Emma Pepin et Un Peu Plus Loin, le studio qu’elle a fondé en 2016, ont été les partenaires de Quartz Co. à l’élaboration et la conception des Carnets d’hiver. En accédant aux rouages de la vie des créateurs, la série offre une perspective intime sur la contribution de notre environnement glacial au processus créatif. Que ce soit pour se détendre avec Dave MacMillan, entrer dans le bunker de High Klassified ou s’évader avec Ludivine Reding, Carnets d’hiver rend hommage à notre climat nordique singulier et inéluctable.

Ayant récemment terminé sa deuxième saison, nous avons rejoint Tamy pour une tasse de thé afin de lui poser quelques questions sur l’hiver, la créativité et sa collaboration avec Quartz Co. Étant donné que l’entrepreneur dynamique n’est pas du genre à rester dans le platonique, la conversation a rapidement pris un sens philosophique. En fait, la productrice, réalisatrice et conteuse parle avec candeur et fascination du monde qui l’entoure.

Au fur et à mesure que ses recherches, ses stratégies et sa maison de production se développent, Tamy multiplie les moyens par lesquels elle peut ouvrir son esprit au-delà des frontières conventionnelles. Qu'il s'agisse de plonger dans des récits anciens tels que l'épopée de Gilgamesh ou d'étudier des théories contemporaines sur l'intelligence artificielle, l'esprit créatif de Tamy et sa soif de connaissances sont devenus ses plus précieux alliés... Ils n’hibernent jamais.

Tamy, comment se passe ton hiver?

Bien! Cet hiver a été consacré au bien-être et à la clarté. C’est la première année complète que je passe à Montréal et je ne ressens pas le besoin de partir. J’ai toujours du plaisir et je pense que cela vient du fait que j’ai activement collaboré avec d’autres personnes. C’était une opportunité de "réinitialiser"... Jadis, j’avais un discours négatif sur l’hiver, mais j’ai fini par comprendre que c’était une saison pendant laquelle la planète se régénère, stocke de l’énergie et se prépare pour le printemps. Je me suis concentré à aligner mes modèles sur ceux de la nature. Je me suis demandé : que fait mon environnement durant cette saison? Je n’essaie pas exactement de reproduire cela, mais j’essaie d’en tirer des leçons...

C’est intéressant, qu'est-ce qui t’a poussé à réexaminer ta relation avec l'hiver ?

J'ai commencé à méditer comme un moyen de faire face aux différents stress de la vie. Il se passe beaucoup de choses – les temps sont de plus en plus complexes – et cela m’affecte. Je voulais être capable de faire face à ce nouveau monde d'une manière plus sereine. J'ai aussi senti que mon esprit allait trop vite! J'ai donc commencé à observer mes pensées, de la même manière que vous observez les nuages. Mon objectif n’était pas d’arrêter de penser, mais de prendre conscience de celles-ci et d’en comprendre leur fondement. À partir de là, j'ai décidé de diriger consciemment mon discours personnel vers quelque chose qui était enraciné dans la positivité et la confiance. L’hiver a été bénéfique et très inspirant pour moi.

Par conséquent, parles-nous du concept de Carnets d’hiver et de la manière dont il reflète ton approche du contenu?

Carnets d'hiver est une série enracinée dans l'expérience humaine. Cela vient du fait que, avant d’être entrepreneur, je suis moi-même une créatrice. Que ce soit pour un musicien, un conteur visuel, un chef ou un designer, je comprends et, surtout, je respecte ce processus créatif et artistique. Je suis intéressé par les histoires qui parlent de ce processus plutôt que de l’objectif final. Il n’y a pas que le fait que High Klassified ait vendu des beats à The Weeknd, qui le rend intéressant. Je suis heureuse des victoires de chacun, mais ce qui m’intéresse vraiment, c’est comment il en est arrivé là. Comment Kevin a-t-il découvert le beat making? Où travaille-t-il? Quelles pensées et idées occupent son esprit? Ce sont les histoires que je veux raconter.

Vous avez à présent produit et publié deux saisons complètes de la série, huit épisodes, au cours desquelles les téléspectateurs accèdent aux recoins personnels de leur esprit créatif. Comment ces rencontres ont-elles nourri votre vision de l’hiver?

Tout d'abord, ils m'ont fait sortir de la maison! (rires) Cela dit, je pense que tout se résume à l'amitié, vraiment. La façon dont nous tournons et dont ces collaborations se réalisent est enracinée dans l’amitié. Il y a un échange, une relation, un apprentissage. Nous sommes tous tellement isolés, que ce soit à cause de la saison ou de la technologie, et il est important de pouvoir disposer de ces espaces de discussion. Cela m'a rappelé que j'aime le dialogue.

Pourquoi est-il important pour une marque comme Quartz Co. de créer ce type de contenu?

Avec Un Peu Plus Loin, je suis toujours à la recherche de possibilités de mettre en relation les entreprises et les créatifs de manières significatives. C’est ce qui s’est passé avec Quartz Co. Cette compagnie a été achetée il y a quelques années par les frères Robert et ils ont su la redynamiser. En tant qu'entrepreneur, je peux comprendre leur ambition et leur vision. Collaborer avec des personnes qui travaillent fort et qui font confiance à mes idées est un privilège que je ne prends jamais pour acquis. Les manteaux de Quartz Co. sont fabriqués au Québec et distribués à l’international. J'attache de l'importance à exporter l'intelligence, la créativité et les affaires québécoises. Et je pense qu’il est important pour une marque de raconter des histoires vraies et authentiques. Il y a tellement de contenu et de bruit que les gens ont envie de plus d’authenticité. Cela renvoie à cette idée de créer du contenu, certes, mais de donner un sens à la manière dont il est réalisé et aux talents avec lesquels nous travaillons.

Si tu pouvais appuyer sur pause dans la vie et organiser ta journée d'hiver parfaite, que ferais-tu ?

Une journée d'hiver parfaite commence par une nouvelle chute de neige... Il doit y avoir un tapis de neige fraîche! Je me lève, fais une courte méditation de 15 minutes et établi mes intentions pour la journée. Une fois que je sais que mon attention sera fixée sur mon intention, je me fais un thé. Ensuite, je déjeune, je prends une douche et je me promène dans mon quartier. J’irais prendre un espresso rapide à San Gennaro et dire bonjour au barista. Ensuite, j'irais probablement au marché Jean-Talon, même en hiver. J'aime vraiment juste marcher dans mon quartier et être dans le moment présent.

Est-ce que tu t'amuses?

Je passe les meilleurs moments de ma vie! Toute ma vie est structurée pour que je m'amuse et que j'apprécie le processus. J'apprends beaucoup. Et il ne s'agit pas uniquement d'apprendre, il s'agit également de désapprendre. Au début de l'hiver, grâce à ma pratique méditative, j'ai désappris beaucoup de mes habitudes. Depuis, j’ai choisi celles qui sont plus efficaces et plus gratifiantes. C’est probablement le plus grand résultat de cet hiver. Oh! Et je danse également sous la direction de Wynn Holmes, par le biais de son organisation, Lo-fi Dance Theory. C’est une communauté et une pratique extraordinaires. J'ai découvert une nouvelle discipline qui vous permet vraiment d'explorer votre créativité sans jugement et j'ai beaucoup appris grâce à cela. C’est aussi là que j’ai rencontré Julia qui a pris ces photos sur le toit du White Wall Studio.

À quoi ressemble l'avenir pour Tamy?

C’est un avenir que je vois enraciné dans la collaboration, l’empathie et l’unité. C’est un avenir où les gens peuvent guérir et vivre librement: qu’ils soient libre de bouger, de vivre des expériences, d’exprimer leur opinion, d’aimer qui ils veulent... J’espère un avenir libre. Je me sens comme cet hiver, où j'ai pu faire le travail qui m'a aidé à trouver ce que la liberté signifie pour moi et comment je l'obtiens. J'espère que je pourrai développer ces valeurs et commencer à ouvrir des perspectives qui peuvent contribuer à définir un nouveau mode de vie tous ensemble.